Mystères primitifs
Mystères primitifs est un projet photographique qui explore la fragilité, la transformation, l’imperfection et la lumière.
Je crée chaque œuvre par un procédé de transfert d’émulsion Polaroid, en détachant l’émulsion photographique de l’image originale en noir et blanc pour la transférer sur du papier aquarelle. Ce processus, délicat et imprévisible, permet aux fissures, aux plis et aux imperfections de devenir partie intégrante de l’image.
Je médite sur chaque photographie transférée, observant ce qu’elle semble appeler, puis j’y introduis intuitivement des éléments tels que des plumes, des timbres-poste, des fleurs séchées et d’autres matières. Chaque composition développe ainsi sa propre voix singulière.
Je termine les œuvres par des touches d’or pur, créant des liens visuels entre l’image photographique et les éléments qui lui sont ajoutés. Ce processus s’inspire de la philosophie du kintsugi : plutôt que de dissimuler la fracture et l’imperfection, celles-ci deviennent partie intégrante de la beauté et de l’histoire de l’œuvre.
Pour moi, la poésie de l’existence est fragile. C’est une poésie de l’impermanence, de la transformation et de l’acceptation de l’imperfection. L’or devient une métaphore de la lumière qui nous relie les uns aux autres — la lumière qui écrit l’image photographique, mais aussi la lumière intérieure qui nous guide, dans la création comme dans la vie.